La messe vue par une gosse athée dans les années 60…

1 août 2009

Qui suis-je?

 Quand j’étais petite, un catholique ou un croyant, quel qu’il soit, c’était, pour moi, un « huron », ou un fou… je le fréquentais en ethnologue, et j’étudiais ses réactions aux phénomènes, qui ne ressemblaient pas toujours aux miennes.

Je voyais tous ces mystères de la religion, avec intérêt, comme des rituels bizarres où on marmonnait des paroles incompréhensibles en se signant, en s’asseyant, en se relevant, en se rasseyant, et la première fois que j’ai assisté à une messe, j’ai été proprement terrorisée. 

Ils ne se rendent pas compte les prêtres qu’avec leurs vêtements de messe, leurs grandes manches qu’ils étendent quand ils ont les bras en croix, ils font peur aux petits enfants ? Cette atmosphère sombre, qui sent le moisi, c’est étrange… ça rappelle parfois, souvent, la mort… les enterrements…

Et puis, comme je ne comprenais rien (la messe était dite en latin), le jour où j’ai assisté à une messe pour la première fois, ma voisine d’à côté me donnait des coups de coude quand il fallait se lever, s’asseoir, puis se relever, puis faire un signe de croix, signe de croix qui m’angoissait au plus au point car je ne savais jamais dans quel sens il fallait le faire.

J’étais donc très anxieuse de mal faire, comme dans un bataillon où un soldat ne marcherait pas au pas. J’avais peur d’être repérée car j’avais vu des images de sorcières brûlées sous l’inquisition, et j’avais trouvé ça très dur.

En plus, ça sentait le vieux, le moisi et l’encens.

Mais je voulais faire plaisir car j’ai reçu une éducation stricte où il ne s’agit pas de ne pas se fondre dans les coutumes des hôtes qui vous reçoivent.

Je me pliais donc à tout ce rituel sans en comprendre le dixième.

Quand je n’avais pas peur, je m’amusais à regarder les autres, que je trouvais très drôles lorsque je les voyais défiler pour recevoir l’hostie. Ils tiraient la langue au curé et ça me faisait rire. J’éprouvais un peu de honte pour eux, car dans ma famille, on interdit de tirer la langue… Vous savez, ou on « vous la coupe »…la langue….

Bref, la messe, ce n’était pas pour moi, j’ai toujours trouvé ça bizarre, cet ensemble de gens qui lèvent les yeux au ciel ou qui les courbent vers la terre, avec le bruit des frottements en cadence, les chaises remuées, toutes ensemble, les genoux posés, tous ensemble, les mains jointes toutes ensemble… Je passais mon temps à regarder par en dessous où on en était pour faire comme tout le monde, et le pire, c’est que lorsque tout le monde se mettait à chanter, j’agitais les lèvres en rythme pour qu’on ne remarque pas leur immobilité, désespérante pour tout chrétien convaincu.

« -T’as pas été au cathé toi?

-…? C’est quoi katé?

-Mais t’es bête ou quoi?

-Ben j’sais pas… »

Et voilà, je passais pour la demeurée de service une fois de plus…

Non, ça ne m’a pas du tout plu la religion… fallait faire comme tout le monde, et j’avais horreur de ça ! Je me sentais « autre » à un point que vous n’imaginez pas… et savez-vous? ça m’est resté !

Et puis il y avait tous ces mots que je ne comprenais pas et qui n’étaient même pas des « sésame »… alors ?

Et bien je me suis dit que la religion, c’était un spectacle de plus dans la vie… où les clowns étaient habillés en noir, en blanc, en violine ou en fushia,  en pourpre ou autres couleurs reconnaissables entre toutes, sérieuses. J’ai retrouvé plus tard en Fellini, le réalisateur italien, un ami qui osait faire un défilé de mode au Vatican sur patins à roulettes. C’était chouette !

Je pense que nous serons, lui et moi excommuniés, mais nous serons assez heureux de l’être, surtout en ce moment où tout le monde y revient… par peur, par misère et manipulation.

Au moins, nous serons deux… et qu’est-ce qu’on doit se marrer avec Federico…

Ah, l’orgueil ! C’est décidément pas beau !Mais c’est plus beau que la bêtise…

Et inutile de vous dire qu’une religion ou une autre, pour moi, c’est pareil : un spectacle de folklore amusant à regarder, tant qu’on ne lapide pas, qu’on ne brime pas, qu’on n’interdit pas, qu’on…

Bon, rions un peu, en attendant la mort…

Mais j’avais oublié que le rire est « diabolique »pour l’église.(cf. l’excellent Au nom de la rose, d’Umberto Eco, réalisé au cinéma par JJ Annaud)

Pour moi, il est le meilleur moyen de « relier » les êtres… bref, c’est peut-être MA religion à moi, contre toutes les autres.

Je me souviens de l’étudiante chinoise à laquelle quelqu’un avait dit « Oh, mon Dieu ! » et qui avait demandé… « c’est quoi Diou ? »

Ben justement, on ne sait pas…

 

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