Un crime sans témoin…

27 juillet 2012

Humeurs

Les PLumes de l’été chez Asphodèle!

Il s’agissait de placer 18 mots (en gras dans le texte) commençant par « T ».


Un crime sans témoin…

C’était l’heure du thé, environ quatre ou cinq heures de l’après-midi. J’avais eu le temps de faire le transfert de mes pieds de tomates, depuis la serre jusqu’au coin de terre qui leur était destiné au jardin, et je m’apprêtais à m’asseoir à la petite table de la terrasse, sous le tilleul centenaire, loin des turbulences de la ville, lorsque je vis Kiki, ma tortue, s’approcher lentement, et tant bien que mal, de moi, comme à l’agonie.

Quel ne fut pas mon effroi de constater qu’en deux ou trois endroits, sa carapace était horriblement tailladée. La pauvre bête avait dû subir un véritable martyr. Je me demandai qui avait bien pu commettre un acte aussi lamentable. On eut dit qu’elle avait reçu cinq ou six coups de lames. Je touchai du doigt les entailles qui lacéraient la carapace pour me rendre compte de leur profondeur quand, à force de titiller Kiki, celle-ci se retourna soudainement et me mordit au sang.

-Aïe! Méchante bête! M’écriai-je.

Kiki était transfigurée, métamorphosée, elle était devenue agressive. De la bave moussait aux commissures de sa gueule. On m’avait changé l’adorable et placide compagne de mes journées champêtres en un monstre hideux, prêt à mordre la main qui le nourrit.
Je me triturai les méninges pour savoir ce qui avait bien pu se passer.

Quel drame avait eu lieu dans ce coin de jardin paisible?

Assise près de mon tonneau d’eau, telle Diogène, je réfléchis durant pas mal de temps à ce qu’il fallait faire et puis, je décidai à regret d’achever Kiki pour abréger ses souffrances.

Après avoir sacrifié ma tortue fidèle, je portai religieusement sa carapace tailladée à un ami, sculpteur talentueux, qui en orna, pour terminer, le sommet d’un totem-souvenir sur lequel on pouvait lire : « A Kiki pour la vie ».

Le soir même, j’entendis mon voisin qui passait sa tondeuse…

Un vague soupçon vint m’envahir quelques instants… mais quoi?

C’était peine perdue, ce crime était sans témoin

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