La parité : un enjeu de ce millénaire ou de ce siècle ?

4 mars 2013

Humeurs

« La femme est l’avenir de l’homme » a déclaré Aragon… Phrase prémonitoire et polémique s’il en est, sous un aspect courtois, voire galant.

Il semble que les camarades hommes du monde entier n’aient pas entendu cette prédiction…

Je crois que l’enjeu de ce millénaire qui commence est dans le partage de la réflexion sur l’avenir du monde et du pouvoir entre femmes et hommes.

Et j’aurais tendance à dire que la femme, avant d’être l’avenir de l’homme, est l’avenir de la femme elle-même, car si elle ne se décide pas à se battre pour exister vraiment, pour son indépendance, il y a fort à parier que le monde finisse par se porter de mal en pis.

Les événements devraient s’enchaîner en ce sens… c’est le seul espoir, la logique même de l’évolution de ce monde, qui semble piétiner sur place, ne pas avancer, pire, régresser dans les mains des hommes, apprentis sorciers qui dévastent la terre sans mettre en pratique le principe de précaution, qui déclenchent les guerres économiques, au mépris de leurs femmes et de leurs enfants mêmes.

Je cible « les hommes », oui, et je l’assume, car ce sont eux (pas tous, évidemment, question de classe oblige) qui dominent le monde, qui dirigent, qui palabrent dans les assemblées, et qui portent, du coup, la quasi totalité des responsabilités du désastre.

Ailleurs, je les appelle les « pingouins » tant la couleur des assemblées est la même à travers le monde. Noir et blanc exclusivement… avec une tache rose ou verte ou rouge de temps en temps. Une élue, une favorite, sauvée de la foule des esclaves. Regardez la télévision, et vous verrez.

Comment s’y reconnaître quand on est une femme ? Comment faire confiance à des gens qui annexent le pouvoir par la force… ? La guerre des sexes commence là, dans nos assemblées, n’en déplaise à tous les hommes que j’aime.

Il faut donc changer de gouvernance du monde, remettre du féminin là où il n’existe pas.

Et puis, la compétition, la « performance », le libre échange sans lois, le marché, la guerre, physique ou économique, tout cela ne pourra avoir une fin que si les femmes se libèrent dans le monde entier. Il est faux que les femmes soient plus « réactionnaires ». En revanche, elles sont souvent confiées aux mains des prêtres  experts à transformer l’intelligence en obéissance et la vitalité en mélancolie.

Quand on pense au temps que mettront les hommes à s’occuper de leur ménage, d’ailleurs (quelques centaines d’années ;-) ), on peut même penser que les femmes les battront sur le terrain de la carrière, capables qu’elles sont de faire trois choses à la fois, paraît-il.

On comprend mieux pourquoi on a cherché à les maintenir dans la soumission et l’esclavage. Peut-être sont-elles plus talentueuses ? ;-)

On ne voit donc pas pourquoi le pouvoir, en ce monde, ne serait pas partagé au niveau décisionnel le plus haut par les hommes et les femmes à égalité.

La suspicion, le mépris qui pèse sur nous doit cesser. Comment peut-on s’aimer entre sexes différents quand pèse sur l’un des sexes autant de soupçon dans une société ?

Comment peut-on s’aimer sans la confiance ?

Alors, avec l’équilibre des pouvoirs, la Déclaration des droits de l’homme, de 1789, sera aussi celle des droits de la femme. L’idée de démocratie sera enfin possible à réaliser.

Pour l’instant, elle ne reste encore qu’un idéal. Je ne vois pas de démocratie autour de moi, ni entre les sexes, ni entre les classes. Je ne vois aucun partage. Non, « Anne ma soeur Anne, je ne vois que le soleil qui poudroie et la route qui verdoie ».

Je comprends mieux pourquoi, enfant, je me sentais si étrangère en ce monde : je vivais dans un univers fait par les hommes de pouvoir, pour les hommes. Rien ne m’était autorisé qu’écouter et obéir. Il fallait être discrète, modeste, ne pas rire trop fort, ne pas courir avec les garçons, ne pas salir sa robe… Ce qu’on me disait de la féminité n’était que catastrophique, femmes abandonnées, trompées, transformées en boniches,  battues, voire violées. Il fallait « souffrir pour être belle », ne pas sortir le soir, avoir, seul, le droit de pleurer quand il était interdit aux garçons. Mais justement, il ne nous restait que les pleurs, l’ennui… et l’obéissance.

De tout cela j’ai été consciente très tôt. C’est pourquoi j’ai tout fait pété à l’adolescence. C’est pourquoi j’ai écrit des chansons féministes à 17 ans.

Je n’avais rien à voir avec ce monde, et c’est toujours le cas.

Finalement,  quand j’y réfléchis bien, l’homme, je n’aime le fréquenter qu’au lit.

Quand il siège dans une réunion, il accapare la parole, décide pour moi, parade et fait le beau. On le croit, il en « impose », tout en faisant les pires conneries. Comme à la maison, une fois qu’on a passé la serpillère, il arrive avec ses gros godillots et défait en une seconde tout ce que vous avez patiemment fait, les enfants que nous avons portés, il les envoie à la guerre, à vingt ans.

On a presque hâte de le retrouver dans l’alcôve pour lui épargner la honte de son outrecuidance.

Dans un lit, il est enfin beaucoup plus modeste. :-)

En cette veille de 8 mars, je pense avec tendresse à la pauvre Olympe de Gouge, bien trop vive pour survivre à la guillotine… ni aux mâles de l’époque…

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