La vieille doxa bourgeoise n’est qu’en surcis…

12 février 2014

Humeurs

Le conservatisme ambiant, les « conservatoires » de toutes natures, politiques, artistiques, philosophiques et littéraires, nous brident et tendent surtout à maintenir la logique capitaliste et bourgeoise de ce vieux monde qui craque. La révolte des femmes, en tant que classe inférieure (je ne parle pas de Mme Bettancourt, hein) n’en est qu’à ses commencements, par exemple.

La vieille philosophie de l’être éternel va fondre comme neige au soleil quand elles auront pu dérouler tout le  tapis de leur pensée. L’être immuable, en son éternelle connerie va trouver ça très dur. La résistance masculine est terrible.

Mais ils n’ont encore rien vu ! Les vérités échevelées sont en marche.

Lettre à un ami écrivain  (JPK) le 12 février 2014

Je pense que nous sommes dans une période où l’esprit de la bourgeoisie est dominant et où il est urgent que la littérature malmène la « doxa », c’est à dire la pensée systématique, les clichés, le conformisme généralisé, l’uniformité idéologique. Le monde change, a déjà changé, et la plupart des gens sont dans un conformisme dingue, en littérature et en philosophie aussi, la moindre remise en question d’un ordre traditionnel pose problème à toute la clique de penseurs bien pensants. Les idéologues ont remplacé les chercheurs, tel que Foucauld, Barthes, Deleuze, etc.

Bref, je suis catastrophée par l’absence de distance, d’examen, de réflexion, etc… j’exerce un regard distant, ironique et critique le plus souvent et par exemple, il ne m’a pas déplu, au départ d’entendre Onfray secouer le cocotier, même si ses écrits et ses prestations sur les ondes, restent très décevants… cela dit, il n’est relayé par personne de sérieux et c’est cela même l’inquiétant. Tous les philosophes sont dans la répétition du même, dans une pensée sclérosée (à la Finkelkraut) un même système de pensée qui a échoué et dont on voit bien qu’on arrive à la fin… décadence des empires post-coloniaux, etc. Et on dirait que toute cette meute continue à s’arcbouter sur les mêmes poncifs, les « valeurs » éternelles à la noix dont on n’a rien à faire, si c’est pour en arriver à la barbarie, valeurs si peu mises en pratique d’ailleurs quand on examine le terrain du religieux par exemple.

Enfin, voilà, je pourrais discourir durant des heures sur l’échec du vieux monde patriarcal et sur son cynisme masqué, son refoulé malodorant et sa morale dépassée… Mais personne dans ce grand vent de panique pour se battre. Tous aux ordres ! Ce coup de sang m’est venu après la lecture de l’article de Léon-Marc Lévy de La Cause littéraire, lu récemment, contre Onfray. Je n’étais pas tout à fait d’accord avec son réquisitoire. Je trouve que chacun a le droit d’exposer sa vision des choses, et qu’Onfray, sans être la panacée (car je ne suis pas d’accord avec lui sur tout, loin de là) a eu le mérite de donner un coup de pied dans la fourmilière, d’ouvrir les vannes de la critique. Cette unanimité contre lui m’agace. Mais bon. Je ne suis pas une « philosophe », je ne fais que de la littérature…

Cette volonté critique de mettre des coups de pieds dans la fourmilière, je l’ai aussi. Je ne choisis pas forcément les modes convenus pour m’exprimer… et c’est ce que je défends, l’avènement d’une autre façon d’exprimer, d’interroger et de décrire le monde, un style qui soit une remise en cause totale de l’ordre bourgeois. Je ne sais pas si je suis très claire et si ces explications vous satisferont, car je ne suis guère une théoricienne, mais je veux faire bouger le monde en écrivant… drôle d’ambition, peut-être hors d’atteinte, je cherche… J’attends votre réponse, votre éclairage sur cette question, si vous le voulez bien.

Bonne journée…

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